Les défis RH de la légalisation de la marijuana

Cet article a été publié en décembre 2016 dans la Revue RH, de l’ORHRI, volume 19, numéro 5

Déjà légalisée dans quelques pays, dont l’Uruguay, et dans différents états chez nos voisins du Sud, la marijuana est sur le point de I’être également au Canada. Quel sera l’impact sur le monde du travail?

D’ici 2018, le projet de légalisation de la marijuana par le gouvernement Trudeau risque d’engendrer de nombreux bouleversements dans les milieux de travail. Même s’il a été annoncé que le projet de loi serait déposé au printemps 2017, la date d’entrée en vigueur de la loi, quant à elle, n’est pas encore connue.

Certains médias ont commencé à s’intéresser au phénomène, mais l’axe des analyses et des études se rattache à la distribution éventuelle de la marijuana et aux impacts de la légalisation sur la sécurité publique. Rien, ou presque rien, sur la consommation en milieu de travail et sur les défis colossaux auxquels les gestionnaires seront confrontés.

À l’heure actuelle, en gestion des ressources humaines, il y a davantage de questions que de réponses, mais tout décideur doit anticiper les impacts sur la productivité, sur la santé et la sécurité, voire sur les relations de travail en général.

Ainsi, les employeurs devront se conformer à la loi, mais que couvrira-t-elle ? Une réflexion doit d’ores et déjà s’enclencher au sein des services de ressources humaines; ils devront en effet se doter d’une politique interne qui respectera la loi, mais aussi les employés, la clientèle et les partenaires d’affaires.

La consommation au travail

Prenons l’exemple d’une entreprise qui emploie des manutentionnaires pour gérer un entrepôt. La convention collective prévoit des pauses de quinze minutes en avant-midi et en après-midi de même qu’une heure pour le dîner. Certains de ces travailleurs profitent des pauses pour aller fumer une cigarette dans le stationnement. D’autres, lors des dîners d’anniversaire, vont au restaurant du coin pour manger une pointe de pizza agrémentée d’un verre de bière. Après quoi ils retournent au travail pour terminer leur journée. Personne ne sera offusqué par les actions de ces employés et aucun d’eux ne sera réprimandé, excluant des cas d’abus, bien entendu. Transposons cette situation dans le milieu hospitalier ou encore en éducation. Une infirmière ou un professeur qui présente une odeur d’alcool peut poser problème. Maintenant, remplaçons la cigarette ou le verre de bière par un joint de marijuana… 

Dans un contexte où la consommation de la marijuana sera légale, ces cas seront bien réels. La marijuana étant considérée comme l’équivalent du tabac ou de l’alcool, elle se retrouvera assurément dans les milieux de travail.

Le manutentionnaire, l’infirmière et le professeur pourront-ils fumer un joint de marijuana lors d’une pause ? La marijuana pourrait être régie dans la loi comme le tabac, soit interdire de fumer dans un rayon de 9 mètres des entrées des bâtiments. Si elle était régie comme l’alcool, alors les travailleurs de certaines catégories d’emploi pourraient en fumer sans dépasser une norme semblable à celle de l’état d’ébriété. Pour d’autres, ce sera tolérance zéro pour des raisons évidentes. Qui sera en mesure de permettre ou de restreindre ou même de tester la consommation de la marijuana en milieu de travail, s’il n’y a pas déjà de politique interne clairement établie ?

Et comment mesurer cet « état de facultés affaiblies » lié à la marijuana ? Pour certaines personnes, cet état variera selon la quantité fumée ou même la sorte de marijuana. Les appareils de détection semblables à l’ivressomètre commencent à être développés par des entreprises spécialisées, mais ne sont pas encore très répandus.

De plus, fumer n’est pas la seule manière de consommer la marijuana. En effet, il existe des boissons énergisantes contenant de la marijuana. Des crèmes, des pommades, des pilules et de nombreuses recettes culinaires peuvent en contenir également. Ainsi, les manutentionnaires de notre entrepôt qui sortent dîner pourront commander un brownie ou un biscuit à la marijuana comme dessert. Un employé pourrait même en apporter dans sa boîte à lunch et les partager avec ses collègues à la cafétéria. Ilsera alors presque impossible de déceler toute consommation au travail. Est-ce que la cafétéria de l’entreprise pourra en vendre puisque la substance sera légale ? Et si elle est interdite, pourquoi alors permettre la vente de gâteaux très sucrés ou de fast-food très gras qui sont aussi nocifs pour la santé, diront certains ?

 

La santé et la sécurité au travail

La légalisation de la marijuana pose aussi des défis en matière de santé et de sécurité au travail. Au-delà des excès de consommation, deux principales problématiques se poseront que seule une opinion juridique pourra régler. Les interprétations seront nombreuses et contradictoires et il faudra plusieurs années pour bâtir une jurisprudence assez étoffée pour couvrir tous les aspects.

Le premier cas concerne les tests médicaux préemploi. Nombreuses sont les entreprises qui utilisent ce genre de tests avant de procéder à une embauche. Ils servent notamment à déceler des empêchements d’ordre médical à l’exécution des tâches ou encore à dépister la consommation de drogues pour certains types d’emploi. Sachant que la marijuana (le THC) peut rester jusqu’à 30 jours dans l’organisme, ces tests seront-ils toujours utiles pour les entreprises ? Il est probable que la Charte des droits et libertés de la personne interdise toute discrimination basée sur la consommation de marijuana reliée à l’obtention d’un emploi.

Le deuxième cas a rapport à l’indemnisation de travailleurs en cas d’accident du travail. Si, à la suite d’une blessure, il est prouvé que le travailleur avait consommé de la marijuana, en joint ou en produits dérivés, pendant ses heures de travail, qu’en sera-t-il de la responsabilité de l’accident ?

L’employeur sera-t-il tenu de reconnaître l’accident sans tenir compte de la consommation de marijuana, sachant qu’il est difficile d’en contrôler et d’en mesurer la dose ingérée ? À noter que, lors des consultations publiques tenues en août 2016, les compagnies d’assurances privées ont mentionné qu’elles ne paieraient pas pour ce type d’accidents.

Dans un document déposé à la cour albertaine en 2014, la compagnie Suncor Energy mentionnait qu’au cours des neuf dernières années, 2 300 incidents ou accidents de travail étaient liés à l’usage de drogues ou d’alcool pendant les heures de travail. On dit que trois décès au travail sur sept sont survenus à cause des drogues ou de l’alcool.

Ainsi, les employeurs devront se conformer à la loi, mais que couvrira-t-elle? Qui sera en mesure de permettre ou de restreindre ou même de tester la consommation de la marijuana en milieu de travail, s’il n’y a pas déjà de politique interne clairement établie?  

Que peuvent faire les gestionnaires RH ?

Afin de bien préparer les entreprises à la légalisation de la marijuana et d’en amoindrir les impacts sur la productivité, sur les relations de travail, sur la santé et la sécurité et tout simplement sur le plan social, les gestionnaires en ressources humaines doivent faire preuve de proactivité en entamant des échanges d’idées à l’interne.

La formation et la sensibilisation doivent jouer un rôle prépondérant d’ici à l’adoption de la loi par le gouvernement fédéral. Les gestionnaires peuvent d’ores et déjà élaborer les grands principes d’un programme de sensibilisation des employés aux effets de la marijuana et ils peuvent aussi créer un comité ad hoc pour se doter d’une position d’entreprise à ce sujet. Les responsables syndicaux peuvent également être associés à la démarche. Le but ne sera pas d’annoncer une politique corporative avant l’adoption de la loi, car celle-ci aurait préséance dès son adoption. Il faut simplement amorcer le dialogue afin de bien cerner tous les changements que la légalisation occasionnera dans l’entreprise. Sous forme de questions et de réponses, ce document sera d’une grande utilité pour réagir rapidement à la légalisation.

Il est clair que la consommation de marijuana aura un impact à court terme sur la productivité. Il s’agira alors du début d’un long processus d’adaptation où le changement risque de bouleverser les valeurs de certains ou encore de changer les méthodes de travail. Les gestionnaires pourraient aussi faire face à un clivage générationnel entre les employés. En général, les plus âgés ne sont pas en faveur de la légalisation alors que les plus jeunes n’y voient pas d’inconvénients majeurs. Est-ce que tous auront la même ouverture d’esprit sur la légalisation d’un produit qui a longtemps été considéré comme une drogue illégale associée au crime organisé et dont l’estimation de la valeur de l’industrie se situe déjà autour de 10G$ ? Mieux vaut amorcer dès maintenant une ébauche des grandes orientations corporatives qui sera conciliante et ouverte au changement… pour éviter que tous les efforts s’envolent en fumée !

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Trois promotions chez Octane Stratégies

Octane Stratégies annonce la nomination de Vanessa Lyssan et Caroline Lavoie au poste de directrice de comptes ainsi que celle d’Arielle Mathieu au poste de conseillère.

« Nous avons la chance de compter dans notre équipe des personnes engagées qui développent leurs compétences et leur savoir faire. Nous sommes heureux de souligner leur progression et de les accompagner dans le développement de leur carrière en leur offrant des responsabilités à la mesure de leur talent », souligne Daniel Charron, associé directeur chez Octane Stratégies.

Depuis cinq ans, Vanessa Lyssan apporte à la firme une expertise en communication-marketing reconnue et appréciée par nos clients. Son regard aiguisé sur les nouvelles tendances en matière d’image de marque et son approche intégrée des relations publiques, notamment, lui ont permis de renforcer leur visibilité et leur positionnement. Arrivée dans notre équipe il y a presque deux ans, Caroline Lavoie a, pour sa part, démontré sa passion autant que son savoir-faire dans la gestion d’enjeux d’affaires publiques nécessitant finesse et stratégie. Assumant pleinement les responsabilités dans leurs dossiers respectifs, Caroline et Vanessa ont démontré leur capacités à prendre en charge et à gérer des projets en tant que directrices de comptes.

De son côté, Arielle Mathieu nous apporte son expertise en matière de relations de presse et de relations gouvernementales. Son sens politique et sa connaissance du fonctionnement de l’appareil gouvernemental sont particulièrement appréciés de nos clients. Très engagée et cherchant toujours à aller au-delà des attentes, son expérience et son assurance lui permettent de remplir un rôle soutenu en tant que conseillère, comme elle l’a démontré dans ses récents mandats.

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Karine Fortin rejoint l’équipe d’Octane Stratégies à Ottawa

Octane Stratégies a le plaisir d’annoncer que Karine Fortin s’est récemment jointe à son équipe à titre de conseillère principale de son bureau d’Ottawa, mettant au service de ses clients une connaissance fine de l’appareil politique fédéral ainsi qu’une expertise précieuse en gestion d’enjeux complexes et en élaboration de stratégies de communication.

« Avec l’arrivée de Karine à Ottawa, Octane Stratégies est mieux outillé que jamais pour épauler ses clients dans des projets complexes nécessitant une connaissance approfondie du Québec et du Canada, ainsi que des contacts avec les décideurs dans la capitale fédérale », a souligné l’associé directeur, Daniel Charron.

 

À propos de Karine Fortin

Avant de se joindre à Octane Stratégies, Karine a occupé des postes de haute direction en politique fédérale, ce qui lui a permis de développer ses compétences en gestion de personnel, en gestion financière et en gestion de crise. Elle a aussi couvert les affaires et la politique pour Le Devoir, puis pour La Presse canadienne, pendant une décennie. Elle a également été éditrice du magazine Le Trente, publié par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Reconnue pour sa capacité d’analyse et ses talents en rédaction, tant en français qu’en anglais, Karine est détentrice d’un diplôme de deuxième cycle en journalisme international de l’Université Laval et de la City University (Londres). Très engagée, elle a été trésorière de la Tribune de la presse parlementaire canadienne et membre du conseil d’administration de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ). Elle fait du bénévolat pour le Club des petits déjeuners.

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Jean-Pierre Charbonneau se joint à l’équipe d’Octane Stratégies

L’équipe d’Octane Stratégies est heureuse d’accueillir Jean-Pierre Charbonneau dans ses rangs à titre de conseiller spécial, éthique et affaires gouvernementales. Réputé pour ses analyses et son talent de vulgarisateur, il mettra toute son expertise et son expérience au service des clients de la firme en tant que consultant, conférencier ou animateur.

Daniel Charron, associé directeur chez Octane Stratégies, souligne que « le parcours professionnel de M. Charbonneau déborde de riches expériences sur la scène politique québécoise et son arrivée dans l’équipe nous permettra d’approfondir encore la gamme de conseils offerte à nos clients. Sa connaissance des milieux politique et journalistique ainsi que des rouages du système contribuera à sophistiquer encore plus notre approche. Sa passion nous anime déjà et nous sommes ravis d’entamer avec lui une collaboration placée sous le signe de la profondeur et de la pertinence. »

De son côté, Jean-Pierre Charbonneau, ajoute que « de rejoindre les rangs d’Octane Stratégies signifie pour moi de me greffer à une équipe multidisciplinaire et étoffée de professionnels émérites avec qui je partage une passion pour les affaires publiques et la communication entre la société civile, les organisations et les institutions publiques. C’est avec beaucoup d’enthousiasme et d’idées que je me joins à ce groupe et je pressens déjà la naissance d’une synergie constructive. »

Jean-Pierre Charbonneau rejoint Marguerite Blais (communicatrice, conférencière, ancienne députée et ministre notamment responsable du portefeuille des aînés) et le Dr Yves Lamontagne (consultant et conférencier, ancien président du collège des médecins) dans l’équipe des conseillers spéciaux d’Octane Stratégies, contribuant à étoffer l’expertise de pointe de la firme.

À propos de Jean-Pierre Charbonneau

 Criminologue de formation, Jean-Pierre Charbonneau a d’abord été journaliste d’enquête sur le crime organisé et la corruption pour deux grands quotidiens, Le Devoir et La Presse, avant de devenir député en 1976. Au cours de ses 25 ans de carrière politique qui s’est terminée en 2006, il a notamment été adjoint parlementaire du premier ministre René Lévesque, président de l’Assemblée nationale du Québec, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et ministre de la Réforme des institutions démocratiques.

Jean-Pierre Charbonneau est devenu par la suite analyste politique pour la populaire émission Le Club des Ex au Réseau de l’information de la télévision de Radio-Canada ainsi que commentateur, conférencier et conseiller stratégique pour diverses organisations. Ses analyses et son talent de vulgarisateur, notamment sur des questions d’éthique, de leadership, d’affaires publiques, de criminalité organisée et de coopération internationale sont très prisés.

Jean-Pierre Charbonneau est membre du conseil d’administration d’Oxfam-Québec, du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) et de la Fondation de la Maison amérindienne de Mont-Saint-Hilaire. Il préside aussi le conseil d’administration de Développement, Expertise et Solidarité internationale (DESI), en plus d’être ambassadeur du Projet PhiloJeunes de la Chaire UNESCO d’étude des fondements philosophiques de la Justice et de la Société démocratique. Il collabore également avec l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval en plus d’être conseiller stratégique pour l’Institut de la confiance dans les organisations (ICO) et le Mouvement pour une Nouvelle Démocratie (MDN). Il est aussi formateur sur les systèmes politique et électoral du Québec pour l’Institut québécois d’affaires publiques.

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Joyeuses fêtes et bonne année 2017

Parce que les fêtes riment avec féérie et doux bonheurs… mais aussi avec son lot de situations cocasses, l’équipe d’Octane Stratégies vous présente son Bingo des malaises de Noël… à prendre avec un grain de sel.

Cliquez sur l’image pour la voir en grand format.

Carte

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