Symboles religieux : que doit faire un État laïque ?

Ce matin, le Journal de Montréal rapporte l’opinion émise par la présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Christiane Pelchat, voulant que tout symbole religieux soit interdit dans la fonction publique. Il s’agit d’un débat très intéressant puisque, comme le propose Mme Pelchat, il concerne « la portée de la neutralité de l’État ». Le CSF publiait un avis au gouvernement sur cette question hier.


Or, il m’apparaît que la neutralité de l’État en matière religieuse ne signifie pas que les fonctionnaires ne peuvent afficher de signe religieux. Au contraire, c’est justement au nom de cette même neutralité que l’État ne doit pas imposer une laïcité intégrale à tous les membres de la fonction publique. Ceux-ci ne sont pas que des « agents de l’État », mais également des citoyennes et des citoyens à part entière.


Le CSF affirme « Les religions = infériorisation des femmes ». Les exemples nous viennent facilement juste en pensant aux plus importantes religions de ce monde. Malheureusement, cet état de fait ne disparaîtra pas en éliminant les turbans, les croix ou les kippas.


Dans la société québécoise contemporaine, quoi qu’on en dise, les entorses aux droits individuels doivent être justifiées par un intérêt commun plus grand. Notre intérêt commun réside bien sûr dans l’égalité entre les sexes, mais aussi dans la tolérance. Le manque de tolérance mène justement à une injustice plus grande, celle de l’exclusion, dont les femmes sont les premières victimes.


Louis Aucoin

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