Les vitres teintées


Le monde des relations publiques, comme le monde des médias, est plus alerte que la moyenne face aux « spins », aux évaluations biaisées, aux reportages peu soutenus, etc. Impossible d’y échapper, dans un univers où le capitalisme et la démocratie partagent un même objectif : convaincre.


Pour y voir plus clair, il faut retirer tout ce qui porte de l’ombre : les déclarations qui font écran à la réalité, les articles mal documentés, les images-chocs qui peuvent détourner de l’essentiel. Il faut surtout retirer les lunettes des préjugés et de la pensée pré-mâchée, qu’on associe généralement aux politiciens, aux groupes de pression et aux administrateurs des grandes corporations.


Ces lunettes sont difficiles à retirer : on ne sait parfois même pas qu’on les porte ! D’autres fois, on ne les retire que pour constater que les vitres sont teintées et qu’on ne peut pas voir le monde autrement.


C’est ce qui est arrivé ce matin à un membre éminent de l’Idée fédérale. Dans un texte destiné à encourager les fédéralistes à « passer à l’offensive », cet universitaire consacre 80 % de son texte à autre chose, tentant notamment de démontrer que la dernière élection fédérale était une élection référendaire, consacrant l’option fédéraliste devant l’option souverainiste, une opinion bien éloignée de l’analyse que je proposais la semaine dernière.


Je ne me lasse jamais de ce genre d’écrit, puisque le monde des relations publiques, comme le monde des médias, cherche à connaître ce que le public pense et comment il y parvient. Et, personnellement, cette opinion si loin de la réalité mesurable m’apparaît à la fois loin de ce que les gens pensent et de comment ils y parviennent.


Louis Aucoin


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