Europe ou Asie? Mes prédictions du vote olympique pour les J.O. 2018
par Sébastien Théberge
C’est mercredi matin à Durban en Afrique du Sud vers 11 h 05 HAE qu’aura lieu l’annonce du résultat du vote de premier tour pour l’attribution des Jeux olympiques d’hiver de 2018.
Les trois villes candidates, Annecy (France), Munich (Allemagne) et Pyeongchang (Corée), ont persévéré jusqu’à la fin, malgré des controverses de tout genre. Puisque seulement trois villes sont candidates – le plus petit nombre depuis 1988 – et en tenant compte du traditionnel cycle continental Amériques/Europe/Asie, Pyeongchang est favorite d’emblée.
Le sortilège du deuxième tour
Pyeongchang 2018, qui en est à sa troisième candidature, devrait l’emporter au premier tour. Rappelons qu’en 2003, Pyeongchang était en tête après le premier tour, mais Vancouver l’avait coiffée au second tour, bénéficiant ainsi du plus grand nombre de « deuxième choix ». Sotchi avait fait de même en 2007, devançant Pyeongchang en recueillant les votes de Salzburg au deuxième tour.
Les chances de Munich
La course sera serrée, mais si Pyeongchang ne peut l’emporter au premier tour, j’estime que Munich pourra bénéficier du deuxième choix de plusieurs membres du CIO qui voudraient des Jeux en Europe. En cas de victoire, Munich rejoindrait le groupe très sélect des villes ayant présenté des Jeux d’été (1972) et d’hiver (2018).
Ce qui compte dans le vote
Il fut un temps où les pays ayant de longues traditions sportives avaient une longueur d’avance sur les autres. Depuis quelques années, de nouvelles variables ont prépondérance dans le choix des membres du CIO autant que de ceux de la FIFA: le développement durable, la gestion du transport, l’appui de la population locale mais surtout, la capacité de développement des nouveaux marchés et de nouveaux commanditaires.
Annecy l’underdog
La presse française n’a pas été tendre pour Annecy 2018 et les résultats d’un référendum tenu très récemment auront peut-être nui à ses chances réelles d’être la sélection européenne devant Munich, qui a présenté une candidature presque parfaite.
Les répercussions du vote sur les villes aspirantes
Advenant une victoire coréenne, il semble acquis que le comité olympique américain (USOC) encouragera les candidatures pour 2022 et Denver serait en tête. Le comité olympique suisse a également annoncé ses intentions d’être dans la course pour 2022 (avec Saint-Moritz) si la Corée obtient les Jeux de 2018.
Le scénario d’une victoire européenne serait très intéressant : Pyeongchang voudra probablement prendre un recul stratégique mais, surtout des villes chinoises sauteront dans la mêlée pour 2022. La Chine est déjà une force dans le monde olympique. Les Américains et les Canadiens auront également l’intention de poser des candidatures.
Québec 2026 ou 2030
Pour 2022, trop de facteurs jouent contre la ville de Québec. Il ne serait pas étonnant que le maire Régis Labeaume et Marcel Aubut annoncent dès cette semaine que la ville ne sera pas candidate pour 2022.
Si elle veut poser une candidature olympique, la ville de Québec devra plutôt se concentrer sur la construction de la réputation de Québec en étapes comme destination sportive de haute performance.
La tenue du congrès SportAccord 2012 sera une formidable occasion en ce sens.
Ainsi, Québec devra démontrer au reste du monde qu’elle est prête, sérieuse, déterminée, bien organisée et, surtout très bien entourée.
Pour consulter le Flickr de la séance de Durban par le CIO: http://bit.ly/l0Cbmh
Sébastien Théberge
Sur Twitter: @SebTheberge
