Par Yves Dupré
Président du conseil
En quelques jours, trois grandes histoires, dans des secteurs complètement différents les uns des autres, celles de la LNH, des CHSLD et du nucléaire ont causé de violents chocs mettant sérieusement en péril leur image respective auprès de l’opinion publique.
Rappelons sommairement les faits…
En ne sévissant pas contre un joueur (Zdeno Chara) ayant causé une commotion cérébrale à un adversaire (Max Pacioretty), la LNH est très sévèrement blâmée (pour voir la vidéo, on clique ici). Cette affaire ramène à la surface toute la question de la violence au hockey et, en particulier, le recours aux coups à la tête.
Du côté des CHSLD, les chutes de deux personnes âgées, alors qu’elles séjournent dans des centres de soins de longue durée, soulèvent l’indignation et rappellent des événements malheureux survenus à Saint-Charles-Borromée en 2003. Le sort des personnes âgées en perte d’autonomie relance un vieux débat sur le maintien à domicile.
Enfin, la sécurité des centrales nucléaires est remise en question partout dans le monde à la suite du tremblement de terre au Japon.
On l’aura compris, une constante dans ces trois cas c’est qu’il s’agit de dossiers pour lesquels l’opinion publique a déjà été échaudée et, il faut bien le constater, a fermement fait sentir sa réprobation. Les plaies sont restées vives et, semble-t-il, les remèdes se font toujours attendre.
Autre constante à remarquer : l’intérêt des trois cas porte sur la sécurité des personnes. À des niveaux très différents, j’en conviens, mais non moins concordants. Ainsi, au-delà de l’image des organismes en cause, c’est de l’image de la sécurité des personnes dont il est ici question.
La responsabilité sociale desdits organismes est ainsi décuplée. Non seulement s’attend-on – et avec raison faut-il le dire – à ce que ces organismes se montrent à la hauteur des responsabilités qui leur incombent mais encore, à cause des taches déjà présentes au dossier, qu’elles proposent et mettent en œuvre des solutions acceptables et qu’elles le fassent rapidement.
Ces trois cas, qui se sont déroulés en simultané durant dix ou douze jours, parlent éloquemment du phénomène de l’image de l’image.
L’image que l’on se fait de la sécurité des personnes en général transcende l’événement que rapportent les médias et, compte tenu du souvenir encore frais de l’expérience négative, l’opinion publique très vite exacerbée se montre implacable. Elle cherche des coupables et s’attend à des solutions sur-le-champ. Gérer ce genre de crise demande conséquemment un niveau élevé de préparation, un porte-parole aguerri et un suivi de tous les instants.