5 défis à la candidature olympique de Québec 2022
par Sébastien Théberge

« Quel est l’obstacle principal à l’obtention des Jeux olympiques à Québec? » est la question qu’on me pose le plus souvent. Contrairement à la croyance répandue, la montagne de ski ne sera pas un enjeu crucial. C’est la stratégie politique et commerciale du projet qui fera en sorte que la candidature soit couronnée de succès dans un peu moins de cinq ans. L’amphithéâtre sera construit et l’équipe de « j’ai ma place » fait actuellement un excellent travail. La mobilisation citoyenne : une excellente idée. Au-delà de ces bonnes nouvelles et dans la vision du maire Labeaume, voici pourtant cinq défis réels et actuels d’une candidature olympique de Québec 2022.
Québec 2022 doit forger des alliances avec des acteurs importants dans le reste du Canada
Le monde sportif canadien est souvent perçu comme l’exemple des deux solitudes historiques canadiennes. Voyons ces solitudes comme une occasion et non comme une béquille! Les athlètes le démontrent, le pays doit suivre. Jean Charest a le crédit d’avoir été le premier à appuyer financièrement Vancouver 2010. Alexandre Bilodeau a été sacré héros national canadien et québécois. Bâtir des ponts sera salutaire et essentiel si l’on veut éviter le désastre causé par l’incertitude politique des candidatures passées. Fait politique important : entre le moment de la candidature de Vancouver et les Jeux en février 2010, trois premiers ministres du Canada et la ville de Vancouver a changé de maire quatre fois…
Jouer le calendrier en sa faveur : savoir s’entourer d’une équipe multidisciplinaire chevronnée
Il ne reste que 1000 jours environ avant que Québec 2022 ne dépose sa candidature officielle.
- Annonce de la ville choisie : été 2015
- Dépôt du livre de candidature : 2013
- Formation de la corporation de candidature : 2011
… le temps presse !
Débloquer les fonds nécessaires afin d’informer la population pour mener à un référendum
La consultation populaire ou un référendum doit être un geste politique d’engagement intégré à la démarche du projet et doit être mis de l’avant et proposé par Équipe Québec. Ce geste permettra d’éviter le piège de devoir en tenir un en réaction à la pression populaire. Présenter le projet de manière à ce qu’il bénéficie des idées provenant des communautés le bonifiera, le rendra crédible et plus près des gens et des entreprises.
Sophistiquer le travail de relations internationales auprès de la famille olympique
On oublie parfois qu’organiser les Jeux panaméricains représente un défi quasi olympique. L’organisation de la candidature de Québec doit absolument travailler de concert avec Toronto 2015; les talents, les synergies, les échanges d’idées et d’appuis seront cruciaux ; plusieurs des cerveaux derrière Montréal 1976, Calgary 1988 et Vancouver 2010 serviront Toronto 2015 et Québec 2022. Il faut prioriser les alliances, les bonnes relations avec les événements, les organisations et les fédérations sportives internationales : Toronto 2015, FIFA, FIS, IIHF, gouvernements étrangers, commanditaires, la liste est longue !
Quebecor doit trouver un partenaire médiatique canadien d’envergure
L’inexpérience de Quebecor en couverture sportive majeure et à titre de diffuseur officiel des Jeux mérite une attention particulière. L’empire Quebecor doit se trouver un allié canadien et déposer une candidature pour l’obtention des droits de diffusion conjoints des Jeux de 2014 (Sotchi) et 2016 (Rio). Le geste sera au moins perçu comme une tentative de travailler en partenariat avec le reste du pays. Si CTV l’a fait avec Rogers, Quebecor peut le faire! Sinon, il serait bien étrange pour Quebecor d’obtenir les droits des Nordiques mais de perdre ceux des Jeux au profit de son rival CBC/Radio-Canada Sports.
Sébastien Théberge
Sur Twitter: @SebTheberge

Denis Marchand a commenté:
Bravo Sébastien! Ton article est très intéressant et porte à réfléchir beaucoup!
Merci
Denis Marchand