« Occupons Montréal », un exemple d’acceptabilité sociale ?

 

Ce n’est un secret pour personne : le mouvement Occupons Montréal dérange. La présence de ces indignés est considérée comme une « nuisance » particulièrement par les résidents, les hôtels et les restaurants des alentours.

 

Occupons Montréal dérange aussi ceux qui vivent plus loin et qui se demandent comment la Ville de Montréal peut bien tolérer une telle occupation de la place publique.

 

La situation d’Occupons Montréal ressemble, à bien des égards, à la situation de tout promoteur d’un projet qui « dérange ». Ils ont, dans les faits, un problème d’acceptabilité sociale et les participants d’Occupons Montréal ont pris les moyens hier, lors de leur assemblée générale, pour rendre leur projet plus acceptable.

 

Voici donc quelques leçons d’acceptabilité à retenir de nos indignés :

 

Faire un effort de conformité

Les structures de bois de la place Victoria ne sont pas conformes aux normes sous plusieurs aspects, particulièrement en matière de sécurité. Après avoir défié les autorités, Occupons Montréal a fait le bon choix hier en décidant de retirer ces structures. En posant ce geste de conformité, Occupons Montréal affirme que son mouvement, tout contestataire soit-il, n’est pas un mouvement de mépris à l’égard des concitoyens.

 

Accepter de modifier le projet original

À l’origine, Occupons Montréal regroupait tout le monde, peu importe leurs habitudes. On ne peut évidemment pas exclure des gens quand on lutte contre l’exclusion ! Or, ce projet a changé hier : l’alcool et la drogue ne sont plus acceptés sur le campement (du moins officiellement). Souvent, des changements marginaux par rapport à l’idée originale contribuent grandement à l’acceptabilité du projet.

 

Marquer sa détermination à réaliser le projet

Comme beaucoup d’autres projets, Occupons Montréal ne peut prétendre être « désiré »; il peut, au mieux, prétendre être « accepté ». C’est pourquoi il importe de marquer sa détermination à réaliser un projet : l’enjeu ne portera pas sur la pertinence même du projet, mais sur les conditions de sa réalisation.

 

Maintenir la discussion avec les parties prenantes

Voilà l’une des conditions de succès les plus souvent négligées dans la réalisation de beaucoup de projets. Les groupes vus comme des adversaires (pour Occupons Montréal : la Ville de Montréal) sont tenus à distance, de peur d’être dénoncés. Or, il est essentiel de trouver les moyens d’une discussion franche et ouverte : à défaut d’être d’accord, on peut au moins se comprendre.

 

Louis Aucoin, MPA

 

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